ENQUÊTE MONDIALE SUR LA TOMATE D’INDUSTRIE.

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LA TOMATE D’INDUSTRIE… OU L’EMPIRE DE L’OR ROUGE.

 

Pour son nouvel ouvrage, le journaliste d’investigation Jean-Baptiste Malet a mené une enquête au long cours… C’est donc après 2 ans et près de 4 continents plus tard (rien que ça oui), qu’il sort ainsi son ouvrage « L’Empire de l’Or Rouge ».

Et le sujet est plutôt édifiant dans son genre. C’est pour cela d’ailleurs que nous avons eu envie de vous le partager… Il donne en effet à montrer des révélations sur un sujet trop souvent ignoré : la tomate d’industrie. Il permet aussi d’expliquer pourquoi nous faisons le choix de ne PAS vous proposer des tomates en plein hiver…

On vous laisse découvrir le très bon article de Rémi Barroux, publié originellement sur Le Monde, juste ici.

« Il n’est pas sûr que le jus de tomate ou que la garniture d’une pizza à base de concentré aient les mêmes goûts après la lecture du livre de Jean-Baptiste Malet. Cette « enquête mondiale sur la tomate d’industrie », menée par ce journaliste est en effet saisissante, tant par les révélations qu’elle livre que par l’importance, souvent ignorée, du sujet.

Celle que les agronomes ont surnommé « la tomate de combat » est, en réalité, bien différente de celle que l’on cueille dans les potagers, que l’on déguste en salade avec un filet d’huile d’olive. Cette tomate destinée aux préparations, aux doubles, voire triples concentrés a été conçue artificiellement pour cette utilisation industrielle. Parmi les 3 600 espèces de tomates, celle finissant dans les chaînes industrielles qui les transforment en pâte n’est pas du tout la même que celles rencontrées sur les étals des marchés. Elle est en particulier plus ferme pour pouvoir être cueillie mécaniquement sans être écrasée.

Jean-Baptiste Malet révèle bien d’autres secrets : la mainmise des Chinois sur cette fabrication, le fait que les Italiens, grands exportateurs des préparations à base de tomate, sauces, plats cuisinés, pizzas, importent la pâte chinoise pour la transformer, en ajoutant de l’eau et du sel, et les revendent comme produits made in Italy. Le Cabanon, jolie marque qui fleure bon la Provence française, est aux mains d’un groupe chinois depuis 2004. Plus rien n’est produit dans cette ex-coopérative française, hormis des transformations du concentré arrivé de Chine.

Un saut dans l’histoire

Le récit nous fait plonger dans la mondialisation actuelle, de la Chine au Ghana, de la Californie à l’Italie, du Sénégal à la France. C’est un saut dans l’histoire aussi, qui parle du fascisme italien, de la révolution industrielle aux Etats-Unis, des débuts de la marque Heinz et de son universel Ketchup, mais aussi des camps de travail chinois, les laogai, où les détenus forment une main-d’œuvre bon marché. Le lecteur s’égare parfois dans les allers et retours historiques et géographiques incessants. Les chiffres, tonnages et prix, donnent le tournis.

Mais le message est clair : rien ne semble propre dans le commerce du concentré de tomates. La production de tomates a été multipliée par six au cours des cinquante dernières années, pour atteindre 64 millions de tonnes annuelles (2013). La transformation de ce fruit représente un quart de cette production avec un chiffre d’affaires qui atteint 10 milliards de dollars, explique l’auteur. Et les mafias de différents pays profitent de l’aubaine. « Pour la criminalité organisée, un faux étiquetage de conserves de tomates ou de bouteilles d’huile d’olive peut rapporter autant qu’un trafic de cocaïne. Mais, si le réseau tombe, les peines seront moins lourdes », écrit Jean-Baptiste Malet.

Concentrés, avariés et recyclés pour les Africains, tromperie sur l’origine des produits permise par la réglementation européenne, ajouts d’additifs plus ou moins sains… La civilisation de la tomate est loin de l’image de ce joli fruit rond et rouge qui fait la joie des consommateurs dans le monde entier. « Fruit pour le botaniste, légume pour le douanier, baril pour le trader. »

L’Empire de l’or rouge, Enquête mondiale sur la tomate d’industrie, Jean-Baptiste Malet, Fayard, 2017, 288 pages, 19€ ».

Pssst, l’ouvrage est disponible directement sur le site de Fayard, juste ici

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